Quai de Pointe-au-Pic. Qui va payer ?

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Deux millions, provenant de Développement économique Canada, carrément jetés à l’eau, puisque les installations cadenassées depuis 2002 n’ont eu depuis ce jour pour visiteurs que les goélands. Ce coûteux perchoir devra faire l’objet d’importants correctifs pour accueillir les véritables oiseaux de mer, ces plaisanciers et croisiéristes tant attendus.

Ces correctifs de quelques autres millions, cinq aux dernières nouvelles, satisferaient aux exigences de deux scénarios mis de l’avant par les ingénieurs de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) pour le compte de Transports Canada. Le fédéral se dit prêt à verser encore une fois cet argent à la CRAPPP dans le cadre du projet de cession des quais de Pointe-au-Pic et de Cap-à-l’Aigle. Les deux scénarios permettraient de reprendre les travaux du mur est afin de les rendre conformes aux normes du Code national du bâtiment à l’égard des séismes.

Une quatrième étude

Lors de son récent passage dans Charlevoix, le ministre fédéral des Transports, Jean Lapierre, annonçait publiquement l’injection d’une somme supplémentaire de 80 000$, «avant même que les appels d’offres ne soient lancés», fait remarquer Jean-Luc Simard, porte-parole de la CRAPPP, pour la réalisation d’une autre étude, la quatrième si l’on appelle un chat un chat.

Cette étude, qui doit valider l’un des deux scénarios proposés par le fédéral, doit être exécutée par une firme indépendante mandatée par la corporation. La dernière étude commandée par la CRAPPP avait coûté près de 40 000$, ce qui, grâce au ministre, laisse environ deux fois plus de latitude aux heureux soumissionnaires pour présenter leur offre.

Plus rien pour les aménagements de surface du quai de Cap-à-l’Aigle

Pour l’heure, le projet de cession se chiffre à 5 M$, qui s’ajoutent aux 2 M$ déjà flambés de même qu’aux coûts des premières études et que viendront bonifier le montant de 80 000$ pour la nouvelle étude et un autre 1,4 M$ en fonds de démarrage, auquel M. Simard dit ne pas vouloir toucher, par sécurité. Il ne resterait donc plus rien pour le projet d’enrochement du quai de Cap-à-l’Aigle, dont le coût était évalué à 700 000 ou 800 000$ en 2000-2001, précise M. Simard, et se limitait à l’enrochement, excluant ainsi l’aménagement de la surface du quai pour les piétons ou les utilisateurs.

Le risque et la responsabilité

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Le projet de cession pourrait bien aboutir dans les prochains mois nous dit-on. Toutefois, si le passé est garant de l’avenir, le contribuable charlevoisien a de bonnes raisons de s’inquiéter devant l’ampleur de ces chiffres et les questions qui demeurent sans réponse.

Dans ce contexte et sachant qu’une fois le quai cédé, la CRAPPP ne pourra plus bénéficier de l’apport du fédéral, qui devra assumer la responsabilité d’un très possible déficit? Cette responsabilité incombera-t-elle aux administrateurs de la CRAPPP ou aux sociétés et organismes qu’ils représentent? Dans ce dernier cas, la MRC de Charlevoix-Est et la Ville de La Malbaie, qui siègent au conseil d’administration, devront-elles éponger une partie de ce déficit et, le cas échéant, dans quelle proportion? Ou refilera-t-on en douce la totalité de la facture aux contribuables de l’est du comté?

Les citoyens veulent savoir !

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