Quai de Pointe-au-Pic. MILLIONS MANQUANTS DANS NOTRE ÉCONOMIE

Quai : Deuxième partie

Les croisières internationales
LA MALBAIE MANQUE ENCORE À L’APPEL!
Photo Francis Baillargeon
Photo Francis Baillargeon

Pendant que la Sogit « brette » depuis maintenant 10 ans sur le quai touristique de Pointe-au-Pic, 9 villes ou régions côtières du Saint-Laurent profitaient des nombreux millions disponibles pour se positionner comme port d’escale afin d’accueillir les navires de croisières internationales. Malgré sa grande tradition maritime et son énorme potentiel, force est de constater que la Sogit semble avoir manquée le bateau pour inscrire La Malbaie à l’intérieur de ce circuit de croisières, un  développement pourtant si prometteur et intiment lié à son histoire.

Lancée en 2008, la stratégie de développement et de promotion des croisières internationales mise de l’avant par Tourisme Québec, de concert avec Développement économique Canada, a permis à 9 villes du Québec d’investir sur l’amélioration de leurs infrastructures et la promotion de leurs destinations. Six nouvelles escales en région, s’ajoutant, dans une offre structurée, aux ports de Montréal, Québec et Trois-Rivières, ont vue le jour grâce aux aides gouvernementales qui pouvaient atteindre jusqu’à 2/3 des coûts des projets présentés.

L’un de ces ports d’escale, La Baie, à Ville Saguenay, s’est prévalu de cette offre pour aménager pavillon d’accueil, village portuaire, quai et passerelles. Des infrastructures pour lesquelles des prix ont été décernés par l’Ordre des ingénieurs du Québec. Ce qui contraste avec le spectacle désastreux des infrastructures dont nous afflige la Sogit, depuis déjà trop longtemps.

La Sogit va-t-elle manquer le bateau encore une fois ?

La stratégie de développement des croisières internationales est couronnée de succès pour  les neuf ports d’escale qui y ont adhérés alors qu’au niveau provincial, on enregistre, au terme de l’exercice 2008-2013, une augmentation de 100% de la clientèle selon Tourisme Québec. Et les bonnes nouvelles pour ces ports d’escales ne s’arrêtent pas là.

Alors que la candidate libérale, Mme Caroline Simard, marque le pas dans la présente campagne, en soulignant l’importance du marché des croisières internationales, le gouvernement de Mme Marois, députée de Charlevoix, rendait public, le 27 février dernier, la stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique.  Son plan d’action 2014-2020 s’accompagne d’une enveloppe de    77,3 M $.

Pointe-au-Pic, exclut des ports d’escale

Si la Sogit a manqué le bateau la première fois, elle risque malheureusement de nous faire manquer le deuxième aussi puisque la moitié du budget disponible annoncé dans cette stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique sera utilisée pour rendre  les dix pôles du fleuve encore plus attractifs. Neuf de ces dix pôles en question correspondent aux ports d’escale du St-Laurent, où La Malbaie ne figure pas.

Pour sa part Québec Maritime qui regroupe la Côte-Nord (Duplessis et Manicouagan) vient de se faire reconnaitre comme le dixième de ces pôles. À ce rythme, si le passé est garant de l’avenir, il semble bien que nous serons les seuls absents à la fête des investissements et des retombées économiques lucratives.

« des bateaux de 2 000 passagers, je ne veux pas voir ça chez nous »

Surtout lorsqu’on a pour gouvernail la Sogit et que son secrétaire trésorier, directeur général du CLD de Charlevoix-Est par surcroît, M Guy Néron, déclare « …que nous autres des bateaux de 2 000 [passagers], ce qui arrive à Québec, je ne veux pas voir ça chez-nous ». Déclaration difficilement excusable alors que même certains croisiéristes de navires de 100 passagers se questionnent sur la destination, comme le rapportait, en octobre dernier, une nouvelle de Radio Canada à l’effet que Great Lakes Cruise envisageait de retirer Charlevoix de son offre pour la prochaine année. On se rappellera qu’à l’automne, six des croisières prévus au quai de Pointe-au-Pic avaient été annulées.

Au nom de la collectivité, la Sogit s’est fait transférée des infrastructures et 8, 9 M $ de fonds publics et persiste, malgré l’état de situation, à nous servir, son mutisme indécent. Pourquoi n’a-t-elle pas, à l’instar des autres régions côtières du Saint-Laurent, frappée à la porte des gouvernements pour obtenir sa part du gateau?

Pendant que nos consœurs se positionnent sur le marché lucratif des croisières et bonifient ou développent les infrastructures de leurs collectivités, grâce aux millions de nos gouvernements, ici les millions investis nous confrontent à des structures de quai arrondis, comme si la Sogit était passée maître dans l’art de tourner en rond.

Une situation qui risque de nous donner le tournis lorsqu’on réfléchi aussi aux retombées économiques engendrés annuellement par l’industrie des croisières internationales. Après seulement quelques années d’opérations, ces retombées se  chiffraient à 5 M $ au port d’escale de La Baie et à 4 M $ à celui de Gaspé.

Alors que l’économie de notre région encaisse davantage de mauvaises que de bonnes nouvelles ces temps-ci, avons-nous vraiment le loisir de laisser la Sogit nous priver, encore longtemps, d’une voix de développement si prometteuse?

 

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