Le maire Couturier et la piste cyclable, Magicien du leurre et du désenchantement

 

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Après les ritournelles, les beaux sourires et les gentillesses, le maire de La Malbaie a finalement donné son véritable spectacle, le 13 avril dernier. Malgré une pétition de plus de 1 000 signataires et les citoyens qui se sont déplacés, le grand magicien a fait disparaître d’un seul coup de sa baguette : le projet de piste cyclable, les 700 000 $ en subventions et les efforts – mais surtout l’espoir – de ceux qui voulaient voir se concrétiser ce projet pour le mieux-être des citoyens.

 Pourtant il y a moins de 4 mois, l’administration Couturier identifiait l’aménagement de la piste cyclable, reliant La Malbaie à Clermont, comme l’une de ses priorités. Un montant de 1,4 M $ devant permettre cette réalisation avait été inscrit au plan des immobilisations. Difficile de croire que le projet, maintenant estimé à 1,5 M $, selon les dires du maire, ait pu faire tourner à ce point la galère du grand amiral. Le choix de l’itinéraire, le tracé des Lunes,  recommandé par le comité indépendant suite à leurs travaux, semble être le point tournant de cette décision.

« Un prix de consolation »

Aujourd’hui, le tracé des Lunes, proposé par le comité, est qualifié de « prix de consolation » par  le maire Couturier. On se rappellera que celui-ci, ainsi que ses acolytes, l’avaient bassement dénigré suite à une campagne de peur. Pourtant le tracé proposé est localisé dans un territoire exceptionnel qui a été acquis, suite aux démarches d’un grand visionnaire, le maire Lucien  Harvey.

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Rarement une ville, peut se targuer d’avoir des territoires aussi vastes qui assurent son autonomie à l’égard du développement résidentiel. Il est cohérent d’aménager un projet de piste cyclable afin qu’il côtoie les secteurs résidentiels, où vivent les jeunes familles. D’ailleurs l’aménagement du réseau cyclable sécuritaire, dans le secteur des Dunes, s’inscrivait dans un projet d’ensemble qui permettait également de relocaliser le dépôt à neige et l’écocentre de la Seigneurie (voir autre texte sur le dépôt à neige).

Cette ceinture verte, remarquable, a fait l’objet, en 2010, d’un plan d’aménagement forestier axé sur le développement durable. Pour la première fois, ce plan devait prendre en compte des objectifs clairement énoncés par la Ville de La Malbaie et qui visaient la mise en valeur des paysages, la protection de couverts forestiers, la sauvegarde des écosystèmes et de la biodiversité. Aussi, au titre des objectifs visés dans l’élaboration de ce plan d’aménagement, on note  l’identification de secteurs forestiers sensibles ou exceptionnels dont le potentiel pourrait être voué à la recherche et à l’expérimentation.

Par-dessus tout, l’élaboration de ce plan devait prendre en compte l’ensemble des utilisateurs de cette forêt remarquable et aussi  cette autre forêt «à construire»,  selon ces objectifs, en raison des coupes forestières importantes qui ont eu lieu par le passé sur certaines parties du territoire.

Ainsi, tout naturellement, l’orientation donnée à  la gestion de la forêt traçait la voie à un espace réfléchi qui prend en compte tous les utilisateurs et les activités pouvant s’y greffer. Dorénavant la mise en valeur de cette forêt n’était plus réservée strictement à la ponction forestière, dans l’objectif de faire « balancer un budget » , mais à un réel souci d’interventions structurées axées sur l’intégration de diverses activités.

Les loisirs s’inscrivent dans cette perspective, comme l’interprétation des écosystèmes et les interventions forestières, pour aménager cette ressource afin d’obtenir une forêt modèle.

L’aménagement d’un réseau cyclable au cœur de cette ceinture verte, délimitant les quartiers résidentiels de la Ville de La Malbaie, répondait parfaitement à un développement cohérent du territoire et, à cet égard, n’était, et ne serait jamais, un prix de consolation.

Le tronçon du chemin de la Vallée

Le 13 avril dernier, non seulement l’amiral, mais aussi son équipage, ont rejeté à l’unanimité le tracé des Lunes, préférant jeter leur dévolu sur celui du chemin de la Vallée, dont la réalisation n’est portée à aucun calendrier.

Pourtant, certains des conseillers qui ont siégé à cette table, sous l’ancien conseil, ne sont pas sans ignorer, que les estimations pour l’aménagement d’une véritable piste cyclable sécuritaire dans ce secteur, se chiffraient, en 2010, à  2,8 M $ de dollar. Le double de ce qui est proposé aujourd’hui avec le tracé des Lunes. Ils ne sont pas sans ignorer non plus, pour y avoir participé, que les négociations ont achoppé avec les propriétaires privés, concernant les autorisations de droits de passages, afin de permettre cette réalisation. Pas plus qu’ils ignorent aussi, que  le tronçon visant – la traverse du pont Leclerc et le boulevard de Comporté jusqu’au quai Casgrain – est exclu de cet estimation, et n’a jamais obtenu, malgré les multiples rencontres, l’acceptation du principal concerné,  le MTQ.

Difficile alors d’expliquer pourquoi le conseil municipal évalue aujourd’hui comme trop coûteux d’investir 1,5 M $ de dollar, avec subvention en poche, pour le tracé des Lunes, et préférer le tracé Gros Lot, de 2,8 M $, et la quadrature du cercle, qui vient avec. D’autant plus que maintenant, ce même conseil municipal a retourné au gouvernement, près de ¾ de million de dollar, obligeant, par le fait même, les citoyens  à défrayer, à 100 %, les coûts du prochain projet.

Devant une telle aberration, si la  calculette  du maire Couturier ne fait pas défaut, c’est le jugement qui manque.  Ou encore la bonne volonté de certains élus dont l’étroitesse d’esprit les rendent aveugles, au point de nier l’évidence. Il est inconcevable qu’on pousse l’absurdité jusqu’à recommander, en guise de compromis, aux citoyens qui veulent faire du  vélo, de passer par le chemin de la Vallée, tout en partageant la route, avec voitures et camions lourds. La randonnée périlleuse que nos élus nous proposent ici, sur cette voie aussi étroite que l’analyse partisane qu’ils en font, est tout sauf sécuritaire et ne laisse pas d’autres choix que celui, de ranger la bicyclette sur le toit de la voiture, à défaut de la laisser au garage. Scénario qu’ils proposent aussi, en guise de solution, à ceux qui nous visitent, et qui ne font que passer, pour aller faire du vélo, ailleurs.

« Je ne porterai pas le singe du Pa Woo à Malbaie»

Par cette déclaration raffinée, tenue en pleine séance, le maire Couturier justifiait son comportement de vire-capot dans ce dossier, à un citoyen, ajoutant que ce n’était pas sa faute si le dossier, de l’aménagement d’une piste cyclable à La Malbaie, s’étire depuis 10 ans.

Belle affaire. Peut-être que le maire Couturier devrait savoir qu’il y a dix ans, la MRC était à l’étape, d’une étude d’avant projet portant sur la faisabilité technique et financière du projet d’un réseau cyclo-pédestre régional, et non à l’étape, de la réalisation de tronçons sur le territoire de La Malbaie. Et comme la charrue ne vient pas avant le bœuf, suite à l’étude, la Ville a procédé, de 2006 à 2009, à l’envoi des correspondances, autorisations et résolutions, auprès des instances concernées, pour faire avancer  le dossier afin d’obtenir, notamment, les sources possibles de financements permettant cette réalisation.

En 2010, un mandat pour des travaux de professionnels a été donné visant l’élaboration des plans et devis pour le projet de la piste cyclable sur le chemin de la Vallée. À la fin 2010, les évaluations financières, résultant de la démarche, ont présenté des coûts beaucoup plus importants que les estimations antérieures mais surtout des contraintes importantes qui minaient la possibilité de réaliser le projet. Devant ces évidences, le dossier a fait du sur-place et les conseillers au dossier étaient absents des solutions.

C’est dans ces circonstances,  qu’une étude approfondie visant l’aménagement d’une piste cyclable sécuritaire, qui relie La Malbaie à Clermont, a identifié le tracé des Lunes, dans le secteur des Dunes, comme « la solution ». Cette dernière prenait en compte l’ensemble des variables qu’exigent le dossier telles que la faisabilité, le délai de réalisation, les coûts des travaux et les subventions disponibles. De plus, le tracé épousait parfaitement les objectifs visés au plan d’aménagement forestier.  Il est évident que le maire Couturier, le 13 avril dernier, ne tenait pas le singe du Pa Woo, pas plus qu’il n’a tenue la balle, d’ailleurs,  qu’il avait entre les mains, fruit du travail de 10 ans d’efforts.

La contribution du citoyen

La contribution du comité Vélo dans la démarche objective de ses membres,  amoureux de vélo ou encore professionnels de l’activité physique, a permis d’apporter un éclairage de plus pour trouver la solution à l’aménagement d’un tracé cyclable sécuritaire, entre les deux villes.

Une contribution surtout indépendante de tout intérêt politique est-il besoin de le rappeler.

Ce travail a permis d’identifier encore une fois un tracé réalisable à court terme à des coûts acceptables dont une partie était subventionnés. Face à cette évidence, le conseil de Ville de La Malbaie n’a pas d’excuse pour virer du revers de la main son engagement, d’il y a 4 mois, et le montant de 700 000 $ dollar d’argent neuf qu’il aurait pu investir, dès à présent, dans la région, au prise avec d’importantes difficultés économiques.

Cette contribution citoyenne du Comité Vélo s’exprime, non seulement dans les travaux qu’ils ont exécutés de bonne foi, mais aussi dans l’engagement qu’ils ont manifesté envers les élus de La Malbaie, ceux-là  même, qui aujourd’hui, leurs font faux bond.

Cette décision du conseil est une grande perte, pour l’ensemble de la collectivité à tous les points de vue. Notamment celui de priver cette même collectivité  d’une activité de loisir disponible pour tous les porte- feuilles et celui, tout aussi grave, d’amener un citoyen impliqué à passer brusquement, de la confiance,  au désenchantement.

 À vos fourneaux!

Faire Autrement : La recette du maire Couturier

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À vos fourneaux!
Faire autrement : la recette du maire Couturier
1 Retourner au Gouvernement plus d’un 1 M $ de subventions déjà acquises ;
2 Rapatrier 0 $ de subventions gouvernementales après un 1 an ½ au pouvoir
3 Identifier comme une priorité un projet de 1,4 M $
4 Annuler cette priorité, moins de 4 mois plus tard, parce qu’elle coûterait 1,5 M $
5 Renoncer au projet de l’aménagement de la piste cyclable des Lunes, avec une subvention de 700 000 $ en poche, sous
prétexte que le coût du projet se chiffre à 1, 5 M $
6 Favoriser le tracé du Chemin de la Vallée, payable a 100 % par les citoyens, alors que les estimations, de 2010, chiffraient
l’aménagement de ce tronçon en voie cyclable, à 2,8 M $
7 «Avec mes qualité de rassembleur et de mobilisateur nous allons décider ensemble ce que la Ville sera »
Michel Couturier, octobre 2013
8 Faire fi d’une pétition de plus de 1 000 signatures et des conclusions d’un comité indépendant, constitué de bénévoles adeptes de vélo et de professionnels de l’activité physique
9 «Travaillé ensemble, communiqué, se respecter et être fier de notre Ville »
Michel Couturier, octobre 2013
10 Rapatrier, en un an, trois organismes œuvrant dans le milieu grâce à l’implication de citoyens bénévoles et envoyer se balader, au mépris du décorum, les citoyens venus s’exprimer au micro

 

ANECDOTE

En 1949, bien avant l’aménagement de l’aéroport de St-Irénée, un journal d’époque publiait sous le titre « Un aéroport à La Malbaie » un article identifiant un territoire potentiel pour l’aménagement d’un aéroport dans le secteur des Dunes. Le texte fait état des qualités du terrain pour l’aménagement d’une telle infrastructure. Il y a de quoi confondre les propos de ceux qui avancaient que le secteur est trop accidenté pour aménager une piste cyclable. Et faut croire qu’à l’époque on avait pas peur des ours.

 « En effet la compagnie ATLAS AVIATION, dont les quartiers généraux sont situés à Ottawa, vient de louer à M. L.- P Dufour, industriel à La Malbaie, par un bail de longue échéance, un vaste terrain propice à l’atterrissage et le décollage des avions. M. J. Trudel dit avoir obtenu un contrat pour déblayer un terrain et y préparer une piste de 3 500’ en longueur par 600’ de largeur, ce qui constituera une piste simple pour débuter…Ces terrains ont toujours été appelés les « Dunes » à cause de leur terre sablonneuse, très lisse et qui s’égoutte parfaitement. »

2 réflexions sur « Le maire Couturier et la piste cyclable, Magicien du leurre et du désenchantement »

  1. je ne suis pas surpris du maire ni de ces compagnons moi je les appelleraient une gagne de moutons se suivant un derrière l’autre . Je ne crois pas une seconde à un vote unanime sur cette question si je me trompe alors sait qu’il y a personne pour défendre les cyclistes pourtant une pétition a été apportée et en plus monsieur le maire a dit et je site la piste se fera dans les lunes ou il y en aura pas .

    1. Merci pour votre commentaire très apprécié. En séance publique le conseil a voté à l’unanimité le retour de la subvention de 700 000 $. Pour la déclaration du maire je vous invite à écouter la séance du conseil sur le site de TVCVM. Malheureusement, la majeur partie des interventions des citoyens a été coupées. Selon la télé, se serait un problème technique 🙂

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