Installations du quai de Pointe-au-Pic. 2 M $ plus tard… encore d’autres millions !

Par Lise Lapointe

Dans la saga du quai de Pointe-au-Pic, l’étourdissante danse des millions se poursuit, au point, trop souvent, de nous faire perdre de vue l’essentiel.

Deux éléments caractérisent ce dossier. D’une part, la cession du quai proprement dit, dont les infrastructures, conformes celles-là, appartiennent toujours au fédéral et, d’autre part, l’état des installations du mur est qui ne respectent pas, selon deux études, certaines normes du Code national du bâtiment et qui appartiennent à la Corporation régionale d’administration portuaire de Pointe-au-Pic (CRAPPP).

Francis BAILLARGEON - PHOTO http://www.flickr.com/photos/45171198@N00/with/16882235/

Des installations cadenassées depuis trois ans

Les installations du mur est, cadenassées depuis trois ans, ont été aménagées en 1997 au coût de 2 M$ à même des fonds publics provenant de Développement économique Canada pour les régions du Québec. Versé à la CRAPPP, cet investissement géré par les administrateurs de la corporation régionale a permis d’aménager ces installations d’après le devis privilégié par ces derniers. Selon Transports Canada, la nature du devis constituait un précédent pour ce genre de travaux. La CRAPPP, qui assurait la surveillance des travaux à titre de maître d’œuvre, a sélectionné les firmes qui ont rempli les mandats de conception et d’exécution conformément au cahier des charges pour des infrastructures d’une durée de vie de 30 ans.

Résultat, nous voilà aux prises avec une éventuelle cession portuaire qui, en plus de s’accompagner d’un montant de quelques millions devant faciliter la transition vers la prise en charge, devra prévoir l’injection des quelques autres millions nécessaires à la correction des installations de la CRAPPP, non conformes selon les deux études déjà réalisées, pas gratuites celles-là non plus.

Des millions encore pour les correctifs

En ce qui a trait aux correctifs à apporter, leur coût «se serait établi à 3,5 M $ en 1997», déclarait récemment  M. Jean-Luc Simard, maire de La Malbaie et porte-parole de la CRAPPP. «De tels travaux nécessiteraient en 2005 des investissements deux fois plus importants.» Nous voilà maintenant à 7 M $ de plus, et l’histoire ne s’arrête pas là. Le nouveau ministre des Transports, Jean Lapierre, accepte de financer une autre étude, la troisième, qui devrait débuter dans les semaines, voire les mois à venir, selon Irène Marcheterre, directrice des communications au Cabinet du ministre, pour l’examen de solutions moins coûteuses.

Pourtant, nous avons appris de source sûre à Transports Canada que de telles solutions existent déjà mais ne semblent pas intéresser la CRAPP, qui demande «une Cadillac, et pas n’importe quelle, la chromée en plus».

De l’argent public sans obligation de rendre compte

Cette situation doit surement faire réfléchir les contribuables, qui voient leur argent versé dans des projets de développement coûteux sans garantie d’efficacité ni garantie d’atteindre les objectifs. Elles devraient aussi faire réfléchir le gouvernement, qui transfèrent des capitaux, au nom de la sacro-sainte décentralisation, sans imposer aucune obligation de rendre compte de la gestion régionale des fonds publics, obligation pourtant fondamentale en démocratie.

En attendant qu’on trouve la clé du cadenas qui ferme l’accès aux installations de la CRAPPP, agrémentées depuis peu de barbelés, le contribuable, toujours et encore, paye la note.

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