Archives de catégorie : Dossier : Quai de Pointe-au-Pic

Le quai de Pointe-au-Pic, La SOGIT cherche-t-elle à noyer le poisson?

photo.Noyer le poisson

« Ces tests de Transport Canada avaient été fournis à l’ingénieur conseil qui a fait les plans. Aujourd’hui, on constate qu’elles (les études géotechniques de 1993) n’étaient pas bonnes. Nous avons bâti une structure sur une base qui n’était tout simplement pas bonne » – Michel Couturier, maire de La Malbaie et Président de la SOGIT, Hebdo Charlevoisien, avril 2014

 C’est ce qu’a avancé à la mi-avril, le président de la SOGIT pour expliquer le fiasco constaté au quai touristique de Pointe-au-Pic malgré les 4 millions dépensés l’automne dernier et ayant pour résultat un quai non fonctionnel.  Rappelons que depuis février, j’adresse, par le biais d’une série d’articles, plusieurs questions à la SOGIT souvent restées sans réponse. Et voilà  que maintenant, après nous avoir servi son mutisme, cette dernière, par l’entremise de son président, risque une réponse qui n’en n’est pas une.

Monsieur Couturier devrait savoir que les études géotechniques indiquent toujours aux  lecteurs la méthode ainsi que les fins pour lesquelles ces dernières ont été élaborés. L’étude géotechnique de 1993, ainsi que celle de 1980, incluses toutes deux dans les documents d’appel d’offre, ne dérogent pas à cette règle. Ces études adressées à Transport Canada, qui n’est pas à son premier quai, visaient des travaux de réparation du mur de palplanches ceinturant le quai de l’époque et non les travaux de l’automne dernier alors que le mur construit, et présentant la courbure, n’est pas au même endroit.

J’ajouterai également que le devis technique de l’appel d’offre visant les travaux de 2013 en fait état également. À cet égard, le devis indique notamment que les deux études géotechniques joints en annexes le sont à titre indicatif et que les informations doivent être considérées exactes aux endroits et au moment où les sondages furent effectués soient en 1980 et 1993. De plus, on peut lire aussi : qu’il n’est pas garanti que l’information de ces études soit complète ou représentative de la réalité dans son ensemble et que l’entrepreneur devra donc assumer la pleine et entière responsabilité de l’usage ou interprétation qu’il pourra en faire. Des travaux dois-je le répéter, ayant été exécutés, 20 et même 33 ans plus tard à ces études géotechniques.

Lancement d'un caisson lors de l'agrandissement du quai de Pointe-au-Pic en juin 1983. Source : Mon Charlevoix. net. Crédit photo Pierre Rochette, juin 1983
Lancement d’un caisson lors de l’agrandissement du quai de Pointe-au-Pic en juin 1983.
Source : Mon Charlevoix. net.
Crédit photo Pierre Rochette, juin 1983

De l’argent dans l’enveloppe de cession?

Bien qu’il nous est permis de douter que les études soit la seule explication à cette situation, le propos avancé voulant que l’enveloppe de cession soit suffisante pour défrayer le tout, est pour le moins tout autant surprenante. Je rappelle simplement qu’il n’y a pas si longtemps, l’argent manquait pour sauver le quai de Cap-à-l’Aigle et que là, soudainement, on en aurait assez pour faire deux fois celui de Pointe-au-Pic et les études en plus. J’ose espérer qu’on n’a pas l’intention, pour régler le problème, d’utiliser le 1,2 M $ qui devait être affecté au budget d’opération, pour les 5 à 7 prochaines années, ce qui, à mon avis, serait faire preuve de courte vue.

En somme ce qui est le plus invraisemblable dans toute cette histoire, si nous avons bien compris, c’est que la SOGIT laisse entendre qu’elle paiera pour le dégât ce qui revient à dire qu’elle ne fera pas valoir les cautionnements exigés aux documents d’appel d’offre. Le cautionnement de soumission, d’exécution des travaux ainsi que le cautionnement de l’entrepreneur pour gages, matériaux et services y sont inscrits noir sur blanc et assurent au propriétaire d’obtenir, dans ce cas-ci, un quai en palplanche fonctionnel. Pourquoi donc la SOGIT ne se comporte pas comme le ferait n’importe quel propriétaire qui n’a pas obtenu, malgré ce qu’il a payé, ce qu’il est en droit justement d’obtenir? Pourquoi donc la SOGIT accepterait-elle de payer deux fois pour un résultat, qui, au terme de l’exercice, n’est pas celui escompté et nous laisserait avec un quai rafistolé?

Le grand défi

Pendant que la saison estivale vient à grand pas, plusieurs d’entres-nous restent estomaqués devant la tournure des événements et le retard que la région enregistre face à cette situation qui la prive de retombées économiques lucratives. (Voir autre texte : Millions manquants dans notre économie).

Sans compter le secteur du quai de Pointe-au-Pic qui n’a pas fini de souffrir des inconvénients dus à des travaux interminables auxquels s’ajoutent les désagréments occasionnés par les matériaux d’excavation exposés en permanence, depuis novembre dernier, bien que les documents d’appel d’offre prévoyaient, par leurs dispositions, d’en gérer les contraintes.

Malgré les années et les millions qui se cumulent, force est de constater que le quai touristique demeure toujours interdit à la population et aux croisiéristes.  Faut-il en conclure que la SOGIT est incapable de livrer la marchandise? Faut-il en déduire qu’elle utilise les études comme prétexte pour noyer le poisson plutôt que de répondre aux nombreuses questions demeurées sans réponse?

Entre le défi de développer ce créneau porteur pour notre région et la tentation de tourner les coins ronds pour y arriver, la vigilance est de mise pour le maire président de la SOGIT. D’autant qu’il n’y a qu’un bien petit pas à franchir pour que les responsables s’en lavent les mains et refilent, problème et factures,  aux citoyens de La Malbaie.

Voir la nouvelle en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.charlevoixendirect.com/index.asp?s=detail_actualite&id=138438

 

Quai de Pointe-au-Pic. Le grand silence de la Sogit, POUR QUI ET POURQUOI !?

Sogit et Quai : Troisième partie

NOUS AVONS DES QUESTIONS À TOUS VOS SILENCES!

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Il y a plus de dix ans, je faisais valoir, comme inacceptable, le mutisme devenu marque de commerce de la Sogit. Plus de 10 millions de fonds publics plus tard, nous sommes en mesure de constater malheureusement que ce silence se prolonge et devient de plus en plus épais comme le brouillard du matin sur la jetée. C’est à se demander si la Sogit a fait sien le proverbe italien qui dit : si tu as tort, il faut te taire.

Un premier texte sur le quai

Rappelons que le 26 février je faisais paraître dans l’Hebdo Charlevoisien un premier texte traitant du quai touristique dysfonctionnel de Pointe-au-Pic, barré depuis 10 ans et ce,  malgré l’investissement de plus de 6 millions de dollars de fonds publics. Pour le bénéfice de la population, j’avais accompagné ce texte, de trois questions, adressées à la Sogit et restées, à ce jour, sans réponse.

Un deuxième texte sur le quai

Le 12 mars dernier je récidivais avec un second papier traitant cette fois de l’inertie de la Sogit, à positionner La Malbaie, comme port d’escale, sur le marché des croisières internationales, privant ainsi notre collectivité, qui en a bien besoin, de millions dollars en retombées économiques. J’adressais alors deux autres questions à la Sogit et je reprenais en toute logique, les trois premières pour lesquelles on nous avait servi un silence de plomb.

Un troisième texte sur le quai et des questions

Ainsi, après avoir questionné les travaux visant le quai touristique de Pointe-au-Pic toujours non fonctionnel; après avoir questionné la planification déficiente des activités touristiques liée aux infrastructures portuaires de La Malbaie, j’adresse aujourd’hui au président de la Sogit et porte-parole de l’organisation, le maire Michel Couturier, les 10 questions suivantes :

Question 1

À la mi-septembre 2012, la Sogit octroyait, suite à un appel d’offre, le contrat visant les travaux au quai de Pointe-au-Pic, à Himalaya construction, au montant de 3 739 967, 51 $. Compte tenu des retards, à combien se chiffre, à ce jour, ces travaux?

Question 2

À quel moment l’appel d’offre visant l’embauche des professionnels, en l’occurrence BPR et Génico inc, a-t-il été lancé et à quel montant ce contrat a-t-il été octroyé?

Question 3

Depuis l’obtention de ce contrat, à combien se chiffre aujourd’hui les honoraires cumulés de ces deux firmes de professionnels?

Question 4

En novembre dernier, soit 15 jours après la fin des travaux, la courbure observée au mur nord du quai nécessitait, selon M Guy Néron, trésorier de la Sogit, une « solution radicale ». Pour l’heure, est-ce que la solution des 17 pieux avancée a été retenue et le montant, de 500 000 $ dollars, visant leurs installations, confirmé?

Question 5

Compte tenu de l’appel d’offre et du contrat octroyé, pourquoi la Sogit fait-elle le deuil d’un quai en palplanches fonctionnel comme elle est en droit d’obtenir, et se résignerait-elle à accepter un quai sur pieux?

Question 6

Qui paiera les études visant à déterminer les correctifs, est-ce la Sogit, ou les contribuables de La Malbaie?

Question 7

Est-ce que la Sogit entend faire valoir ses droits afin de s’assurer que ce ne sera pas cette dernière ou encore la population qui paiera pour ces correctifs?

Question 8

À quel moment le quai sera-t-il finalement opérationnel ?

Question 9

Pourquoi la Sogit n’a-t-elle pas travaillé au positionnement de La Malbaie, comme port d’escale sur le marché lucratif des croisières internationales et prévoit-elle enfin le faire?

Question 10

À combien se chiffre la facture visant la disposition des sols contaminés au quai de Cap-à-l’Aigle, travaux qui n’avaient pas été prévus dans l’enveloppe, « négociée serrée », de la cession?

 Rappelons nous :

– les quais fédéraux ont été payés par les taxes de tous les canadiens;

– le transfert de ces infrastructures portuaires, à la Sogit, s’accompagnait d’une enveloppe de près de 10 millions de dollars provenant de fonds publics;

– la Sogit, au nom de la collectivité, a obtenu le transfert des quais de Pointe-au-Pic et de Cap-à-l’Aigle et en ce  sens, elle  doit rendre des comptes, en toute transparence, à cette même collectivité.

Et si la Sogit persiste toujours à se taire, nous n’aurons d’autres choix que de comprendre, ce qu’elle nous laisse à entendre, son silence et son bruit sourd,  de la vérité qu’on nous cache.

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photo-carricature Marc LapointeNous publions cette caricature que nous avons reçu à titre de commentaire. 

Quai de Pointe-au-Pic. MILLIONS MANQUANTS DANS NOTRE ÉCONOMIE

Quai : Deuxième partie

Les croisières internationales
LA MALBAIE MANQUE ENCORE À L’APPEL!
Photo Francis Baillargeon
Photo Francis Baillargeon

Pendant que la Sogit « brette » depuis maintenant 10 ans sur le quai touristique de Pointe-au-Pic, 9 villes ou régions côtières du Saint-Laurent profitaient des nombreux millions disponibles pour se positionner comme port d’escale afin d’accueillir les navires de croisières internationales. Malgré sa grande tradition maritime et son énorme potentiel, force est de constater que la Sogit semble avoir manquée le bateau pour inscrire La Malbaie à l’intérieur de ce circuit de croisières, un  développement pourtant si prometteur et intiment lié à son histoire.

Lancée en 2008, la stratégie de développement et de promotion des croisières internationales mise de l’avant par Tourisme Québec, de concert avec Développement économique Canada, a permis à 9 villes du Québec d’investir sur l’amélioration de leurs infrastructures et la promotion de leurs destinations. Six nouvelles escales en région, s’ajoutant, dans une offre structurée, aux ports de Montréal, Québec et Trois-Rivières, ont vue le jour grâce aux aides gouvernementales qui pouvaient atteindre jusqu’à 2/3 des coûts des projets présentés.

L’un de ces ports d’escale, La Baie, à Ville Saguenay, s’est prévalu de cette offre pour aménager pavillon d’accueil, village portuaire, quai et passerelles. Des infrastructures pour lesquelles des prix ont été décernés par l’Ordre des ingénieurs du Québec. Ce qui contraste avec le spectacle désastreux des infrastructures dont nous afflige la Sogit, depuis déjà trop longtemps.

La Sogit va-t-elle manquer le bateau encore une fois ?

La stratégie de développement des croisières internationales est couronnée de succès pour  les neuf ports d’escale qui y ont adhérés alors qu’au niveau provincial, on enregistre, au terme de l’exercice 2008-2013, une augmentation de 100% de la clientèle selon Tourisme Québec. Et les bonnes nouvelles pour ces ports d’escales ne s’arrêtent pas là.

Alors que la candidate libérale, Mme Caroline Simard, marque le pas dans la présente campagne, en soulignant l’importance du marché des croisières internationales, le gouvernement de Mme Marois, députée de Charlevoix, rendait public, le 27 février dernier, la stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique.  Son plan d’action 2014-2020 s’accompagne d’une enveloppe de    77,3 M $.

Pointe-au-Pic, exclut des ports d’escale

Si la Sogit a manqué le bateau la première fois, elle risque malheureusement de nous faire manquer le deuxième aussi puisque la moitié du budget disponible annoncé dans cette stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique sera utilisée pour rendre  les dix pôles du fleuve encore plus attractifs. Neuf de ces dix pôles en question correspondent aux ports d’escale du St-Laurent, où La Malbaie ne figure pas.

Pour sa part Québec Maritime qui regroupe la Côte-Nord (Duplessis et Manicouagan) vient de se faire reconnaitre comme le dixième de ces pôles. À ce rythme, si le passé est garant de l’avenir, il semble bien que nous serons les seuls absents à la fête des investissements et des retombées économiques lucratives.

« des bateaux de 2 000 passagers, je ne veux pas voir ça chez nous »

Surtout lorsqu’on a pour gouvernail la Sogit et que son secrétaire trésorier, directeur général du CLD de Charlevoix-Est par surcroît, M Guy Néron, déclare « …que nous autres des bateaux de 2 000 [passagers], ce qui arrive à Québec, je ne veux pas voir ça chez-nous ». Déclaration difficilement excusable alors que même certains croisiéristes de navires de 100 passagers se questionnent sur la destination, comme le rapportait, en octobre dernier, une nouvelle de Radio Canada à l’effet que Great Lakes Cruise envisageait de retirer Charlevoix de son offre pour la prochaine année. On se rappellera qu’à l’automne, six des croisières prévus au quai de Pointe-au-Pic avaient été annulées.

Au nom de la collectivité, la Sogit s’est fait transférée des infrastructures et 8, 9 M $ de fonds publics et persiste, malgré l’état de situation, à nous servir, son mutisme indécent. Pourquoi n’a-t-elle pas, à l’instar des autres régions côtières du Saint-Laurent, frappée à la porte des gouvernements pour obtenir sa part du gateau?

Pendant que nos consœurs se positionnent sur le marché lucratif des croisières et bonifient ou développent les infrastructures de leurs collectivités, grâce aux millions de nos gouvernements, ici les millions investis nous confrontent à des structures de quai arrondis, comme si la Sogit était passée maître dans l’art de tourner en rond.

Une situation qui risque de nous donner le tournis lorsqu’on réfléchi aussi aux retombées économiques engendrés annuellement par l’industrie des croisières internationales. Après seulement quelques années d’opérations, ces retombées se  chiffraient à 5 M $ au port d’escale de La Baie et à 4 M $ à celui de Gaspé.

Alors que l’économie de notre région encaisse davantage de mauvaises que de bonnes nouvelles ces temps-ci, avons-nous vraiment le loisir de laisser la Sogit nous priver, encore longtemps, d’une voix de développement si prometteuse?

 

Quai de Pointe-au-Pic. L’HISTOIRE SANS FIN

Quai : Première partie

LES HAUTS ET LES BAS D’UN QUAI MAL BARRÉ!

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C’est un réveil brutal qui attendaient les gens de la région, d’autant qu’ils avaient encore une fois donné la chance au coureur pour voir enfin ce quai rafistolé et paré à accueillir à nouveau, gens et bateaux. Après 10 années de péripéties coûteuses force est de constater que la Sogit n’est toujours pas en mesure d’offrir le quai fonctionnel tant espéré.

Pour la population de La Malbaie, particulièrement les gens du secteur affligé, la scène est pitoyable. En toile de fond, amas de terre volumineux, inukshuk déboussolé et machinerie imposante qui a fait le pied de grue, de novembre à la fin février, sur le chantier éventré.

Une machinerie qui pourtant s’était bien fait entendre pendant les longs mois des travaux du quai et ses nombreux reports.  Reports attribuables, selon l’ingénieur, au vent, à la marée et aux vagues. Sans compte une bite d’amarrage, qui aurait donné, semble-t-il, du fil à retorde au praticien. « Les  travaux sont exécutés au fond de l’eau et on ne voit pas ce qu’on fait. » ajoutera-t-il. Dur constat s’il en est, étant donné qu’on est sur un quai. Mais bon, je n’en dit pas plus si non que la Sogit, a fini par accoucher du chantier « finalisé » en novembre dernier.

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4 M $ plus tard, retour au point départ

Toute une finalité par ailleurs puisqu’à peine quinze jours plus tard, on cassait déjà, à la pelle mécanique, les tonnes de béton fraichement posées. Investigation oblige, étant donné le rayon de courbure du mur nouvellement aménagé au coût de 4 M $. La solution avancée, mais non confirmée, seraient l’implantation de 17 pieux d’acier dont on ne connaît pas pour l’heure, le montant de la facture ni qui l’assumera. Étant donné le mutisme légendaire de la Sogit, il y a fort à parier, que nous aurons notre quai en « pieux état » avant de disposer de l’information.

Pourtant au point où nous en somme je crois que la Sogit ne peut plus se défiler, elle doit répondre aux questions que nous sommes en droit de poser. Après tout l’argent englouti, la Sogit doit rendre des comptes à la population qui attend des résultats. Des résultats qui ne doivent plus souffrir de retards en raison de leurs conséquences néfastes sur l’économique de la région. La population veut savoir et la Sogit doit répondre, un point c’est tout.

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L’enveloppe de cession ne prévoyait pas ces dépassements

Entre temps, la vigilance est de mise pour le paiement de ces importants travaux de corrections d’autant que l’enveloppe de cession « budgété serrée », dont dispose la Sogit, ne prévoyait pas ces dépassements.

Bien qu’un quai fonctionnel demeure un enjeu pour La Malbaie, le président de la Sogit et maire de l’endroit, M. Couturier, devra s’assurer, à l’égard des intérêts qu’il défend, que ce ne soit pas les citoyens qu’ils représentent qui paieront la facture. Le récent « rapprochement » entre les deux organisations, impose donc cette vigilance, d’autant plus que la Sogit et la Ville partagent déjà les mêmes firmes d’avocats et d’aménagistes. À l’égard de ce dernier groupe de professionnels, un contrat donné de gré à gré, en janvier dernier, pour l’aménagement du secteur, confirme bien cette proximité.

 

La Sogit et le quai de Cap-à-l’Aigle. Collectivité avez-vous dit ?

Texte paru sur la Sogit dans le quotidien Le Soleil

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Le Soleil publiait récemment, sous la plume de Gilles Gagné, collaborateur spécial au quotidien, un texte fort intéressant sur la problématique de la sauvegarde des quais au Québec et intitulé S.O.S. quais en détresse.

Accompagnant le reportage, une photographie éloquente du quai enroché de Saint-Irénée, en Charlevoix. Bien difficile pour plusieurs d’entre-nous de ne pas faire le lien avec celui de Cap-à-l’Aigle, étant donné que la Société de gestion des infrastructures de transport de Charlevoix (Sogit) travaille à lui réserver le même sort. Cela malgré le fait que depuis plusieurs mois, comme mairesse de La Malbaie, je milite pour sa sauvegarde comme l’a fait, bien avant moi, un millier de citoyens signataires d’une pétition portant le même message.

Le programme de cession des ports de Transports Canada

Il faut rappeler que le 23 mars 2012, au terme d’un long processus, Transports Canada, via son programme de cession des ports, cède officiellement à la Sogit, les quais de Cap-à-l’Aigle et de Pointe-au-Pic, tous deux situés à La Malbaie. L’acte de cession s’accompagne d’une enveloppe de près de 9 millions de dollars. De l’argent public devant permettre de réaliser des travaux «d’amélioration» des infrastructures et de contribuer aux frais d’opération durant une période transitoire évaluée entre 5 et 7 ans.

De l’argent public donné à l’entreprise privée pour des intérêts privés

Se targuant d’avoir négocié comme représentant de la «collectivité», la Sogit, compagnie constituée en vertu de la troisième partie de la Loi sur les compagnies, administre ainsi depuis le printemps 2012, à titre de propriétaire, les infrastructures devenues privées, sur notre territoire. La gestion est assurée par un conseil d’administration dont la composition, conformément aux règlements généraux, prévoit des administrateurs nommés d’office dont la majorité, à raison de cinq contre trois, représente des entreprises privées. Une structure d’ailleurs que j’ai tenté, sans succès, de rendre plus ouverte; notamment en passant par une bonification de son membership qui, force est de constater, est tout aussi fermé. Contrairement à cette majorité, j’y siège comme représentante d’un organisme public, la Ville de La Malbaie, avec toutes les obligations qui incombent aux élus et notamment celle de rendre compte.

Ces obligations imposent, pour tous les dossiers, de travailler au développement de notre collectivité dans l’intérêt commun. De mon point de vue, cette vision ne peut être dissociée non plus de l’incontournable nécessité de construire sur la mise en valeur de notre patrimoine et, dans le cas qui nous intéresse, la riche histoire maritime de Charlevoix.

Comme mairesse intéressée pour notre collectivité aux perspectives d’avenir qu’offre le fleuve Saint-Laurent, et notamment celui du développement du marché des croisières, j’avance que le positionnement de La Malbaie, comme destination, devrait passer par la sauvegarde du quai de Cap-à-l’Aigle de manière à appuyer et consolider celui de Pointe-au-Pic. Toutefois au pays de la démocratie charlevoisienne l’argent public a été confié ici à l’entreprise privée qui en décide autrement, sans écoute ni égard à la position des élus et aux retombées éventuelles destinées à l’ensemble de la population.

Les travaux au quai de Cap-à-l’Aigle

Ainsi en ce qui a trait au quai de Cap-à-l’Aigle, la Sogit prévoit son enrochement,  l’inscrivant par surcroît à la chronique d’une mort annoncée comme celui de Saint-Irénée. Elle justifie sa décision,  tantôt en invoquant une soi-disant obligation de l’enrocher inscrite à l’acte de cession, tantôt en invoquant une orientation prise il y a une douzaine d’années résultant d’une évaluation portant sur les coûts trop importants qu’engendrait la remise en état du quai.

Contrairement à ce qu’avance la Sogit, Transports Canada consent à la bonification des travaux prévus au quai de Cap-à-l’Aigle et affirme ne jamais avoir produit d’évaluation sur les coûts nécessaires pour la remise en état de l’infrastructure. Une évaluation que d’ailleurs la Sogit, malgré mes demandes incessantes, n’a pu me fournir copie à ce jour. Ce qui évidemment questionne profondément le bien-fondé de la décision initiale menant à l’enrochement du quai.

En toute démocratie

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Toutes les démarches entreprises pour la recherche de fonds supplémentaires visant la réfection du quai de Cap-à-l’Aigle, plutôt que son enrochement, n’ont trouvé écho auprès de la Sogit qui a fait fi des résolutions d’appui en ce sens, votées à l’unanimité, par le conseil de Ville de La Malbaie, deux fois plutôt qu’une, et le conseil des maires de la MRC de Charlevoix-Est.

La Sogit n’a pas cru bon prendre en compte, non plus, la demande que je leur ai adressée publiquement afin de soustraire au contrat de services octroyé, au coût de 1,2 millions de dollars, les travaux visant l’enrochement de la face sud du quai donnant sur le fleuve. Ce laps de temps supplémentaire aurait permis de compléter le montage financier permettant la remise en état de l’infrastructure.

Elle n’a pas davantage considéré le demi million de fonds privés recueilli, suite à mes démarches, ni la proposition du dépôt d’un plan de gestion de l’infrastructure selon plusieurs scénarios et accompagnant, une fois complété,  le montage financier. Forte de 9 millions de fonds publics, la Sogit persiste et signe et fait la sourde oreille à la représentante élue par la collectivité, où se trouve les infrastructures, et garde le cap sur l’enrochement du quai de Cap-à-l’Aigle.

Un endroit béni des dieux

Le fleuve ici, est plus qu’un élément du paysage, il est le cadre géographique qui a permis de développer diverses activités liées à la vie sociale et économique telles que la pêche, le cabotage et la villégiature.

Inauguré en 1881, le quai de Cap-à-l’Aigle, au même titre que celui de Pointe-au-Pic, accueillait notamment les nombreux estivants venus à bord de «palais flottants» et dont l’histoire a tellement nourri notre imaginaire collectif.

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Comme me le confiait récemment un habitué du fleuve et de la région, le quai de Cap-à-l’Aigle est un endroit béni des dieux. Localisée sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Québec et Tadoussac, l’infrastructure est accessible à l’année puisque située en eau profonde et dégagée des glaces tout l’hiver. A u bout du quai, paroi sud que la Sogit est à enrocher, les instruments indiquent, à marée basse, 35 pieds de profondeur. Un sacrilège dira-t-il d’un ton partagé entre la colère et la tristesse. Des sentiments ressentis par bon nombre de citoyens et de gens de la mer qui fréquentent l’endroit en raison notamment de la marina «Le port de refuge» contigüe au quai où, à chaque année se déroule l’une des plus anciennes régates tenue au Québec, la course Triangle.

Un fleuve sans amarre

Selon le communiqué de mars 2012, Transports Canada désirait, par la cession des quais de Pointe-au-Pic et de Cap-à-l’Aigle, «promouvoir la croissance de l’économie locale». En contrepartie de cette cession la Sogit aura reçu 9 millions de dollars provenant du fédéral dont une partie sera injectée à la destruction du quai de Cap-à-l’Aigle.

De l’argent qui aura transité du public au privé et qui, au terme de l’exercice, a permis à la Sogit, sans obligation de rendre compte à qui que ce soit, de tourner le dos à notre passé et de freiner notre avenir à l’égard de certaines perspectives de développement pourtant si prometteuses pour notre collectivité.

Quai de Pointe-au-Pic. Qui va payer ?

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Deux millions, provenant de Développement économique Canada, carrément jetés à l’eau, puisque les installations cadenassées depuis 2002 n’ont eu depuis ce jour pour visiteurs que les goélands. Ce coûteux perchoir devra faire l’objet d’importants correctifs pour accueillir les véritables oiseaux de mer, ces plaisanciers et croisiéristes tant attendus.

Ces correctifs de quelques autres millions, cinq aux dernières nouvelles, satisferaient aux exigences de deux scénarios mis de l’avant par les ingénieurs de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) pour le compte de Transports Canada. Le fédéral se dit prêt à verser encore une fois cet argent à la CRAPPP dans le cadre du projet de cession des quais de Pointe-au-Pic et de Cap-à-l’Aigle. Les deux scénarios permettraient de reprendre les travaux du mur est afin de les rendre conformes aux normes du Code national du bâtiment à l’égard des séismes.

Une quatrième étude

Lors de son récent passage dans Charlevoix, le ministre fédéral des Transports, Jean Lapierre, annonçait publiquement l’injection d’une somme supplémentaire de 80 000$, «avant même que les appels d’offres ne soient lancés», fait remarquer Jean-Luc Simard, porte-parole de la CRAPPP, pour la réalisation d’une autre étude, la quatrième si l’on appelle un chat un chat.

Cette étude, qui doit valider l’un des deux scénarios proposés par le fédéral, doit être exécutée par une firme indépendante mandatée par la corporation. La dernière étude commandée par la CRAPPP avait coûté près de 40 000$, ce qui, grâce au ministre, laisse environ deux fois plus de latitude aux heureux soumissionnaires pour présenter leur offre.

Plus rien pour les aménagements de surface du quai de Cap-à-l’Aigle

Pour l’heure, le projet de cession se chiffre à 5 M$, qui s’ajoutent aux 2 M$ déjà flambés de même qu’aux coûts des premières études et que viendront bonifier le montant de 80 000$ pour la nouvelle étude et un autre 1,4 M$ en fonds de démarrage, auquel M. Simard dit ne pas vouloir toucher, par sécurité. Il ne resterait donc plus rien pour le projet d’enrochement du quai de Cap-à-l’Aigle, dont le coût était évalué à 700 000 ou 800 000$ en 2000-2001, précise M. Simard, et se limitait à l’enrochement, excluant ainsi l’aménagement de la surface du quai pour les piétons ou les utilisateurs.

Le risque et la responsabilité

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Le projet de cession pourrait bien aboutir dans les prochains mois nous dit-on. Toutefois, si le passé est garant de l’avenir, le contribuable charlevoisien a de bonnes raisons de s’inquiéter devant l’ampleur de ces chiffres et les questions qui demeurent sans réponse.

Dans ce contexte et sachant qu’une fois le quai cédé, la CRAPPP ne pourra plus bénéficier de l’apport du fédéral, qui devra assumer la responsabilité d’un très possible déficit? Cette responsabilité incombera-t-elle aux administrateurs de la CRAPPP ou aux sociétés et organismes qu’ils représentent? Dans ce dernier cas, la MRC de Charlevoix-Est et la Ville de La Malbaie, qui siègent au conseil d’administration, devront-elles éponger une partie de ce déficit et, le cas échéant, dans quelle proportion? Ou refilera-t-on en douce la totalité de la facture aux contribuables de l’est du comté?

Les citoyens veulent savoir !

Installations du quai de Pointe-au-Pic. 2 M $ plus tard… encore d’autres millions !

Par Lise Lapointe

Dans la saga du quai de Pointe-au-Pic, l’étourdissante danse des millions se poursuit, au point, trop souvent, de nous faire perdre de vue l’essentiel.

Deux éléments caractérisent ce dossier. D’une part, la cession du quai proprement dit, dont les infrastructures, conformes celles-là, appartiennent toujours au fédéral et, d’autre part, l’état des installations du mur est qui ne respectent pas, selon deux études, certaines normes du Code national du bâtiment et qui appartiennent à la Corporation régionale d’administration portuaire de Pointe-au-Pic (CRAPPP).

Francis BAILLARGEON - PHOTO http://www.flickr.com/photos/45171198@N00/with/16882235/

Des installations cadenassées depuis trois ans

Les installations du mur est, cadenassées depuis trois ans, ont été aménagées en 1997 au coût de 2 M$ à même des fonds publics provenant de Développement économique Canada pour les régions du Québec. Versé à la CRAPPP, cet investissement géré par les administrateurs de la corporation régionale a permis d’aménager ces installations d’après le devis privilégié par ces derniers. Selon Transports Canada, la nature du devis constituait un précédent pour ce genre de travaux. La CRAPPP, qui assurait la surveillance des travaux à titre de maître d’œuvre, a sélectionné les firmes qui ont rempli les mandats de conception et d’exécution conformément au cahier des charges pour des infrastructures d’une durée de vie de 30 ans.

Résultat, nous voilà aux prises avec une éventuelle cession portuaire qui, en plus de s’accompagner d’un montant de quelques millions devant faciliter la transition vers la prise en charge, devra prévoir l’injection des quelques autres millions nécessaires à la correction des installations de la CRAPPP, non conformes selon les deux études déjà réalisées, pas gratuites celles-là non plus.

Des millions encore pour les correctifs

En ce qui a trait aux correctifs à apporter, leur coût «se serait établi à 3,5 M $ en 1997», déclarait récemment  M. Jean-Luc Simard, maire de La Malbaie et porte-parole de la CRAPPP. «De tels travaux nécessiteraient en 2005 des investissements deux fois plus importants.» Nous voilà maintenant à 7 M $ de plus, et l’histoire ne s’arrête pas là. Le nouveau ministre des Transports, Jean Lapierre, accepte de financer une autre étude, la troisième, qui devrait débuter dans les semaines, voire les mois à venir, selon Irène Marcheterre, directrice des communications au Cabinet du ministre, pour l’examen de solutions moins coûteuses.

Pourtant, nous avons appris de source sûre à Transports Canada que de telles solutions existent déjà mais ne semblent pas intéresser la CRAPP, qui demande «une Cadillac, et pas n’importe quelle, la chromée en plus».

De l’argent public sans obligation de rendre compte

Cette situation doit surement faire réfléchir les contribuables, qui voient leur argent versé dans des projets de développement coûteux sans garantie d’efficacité ni garantie d’atteindre les objectifs. Elles devraient aussi faire réfléchir le gouvernement, qui transfèrent des capitaux, au nom de la sacro-sainte décentralisation, sans imposer aucune obligation de rendre compte de la gestion régionale des fonds publics, obligation pourtant fondamentale en démocratie.

En attendant qu’on trouve la clé du cadenas qui ferme l’accès aux installations de la CRAPPP, agrémentées depuis peu de barbelés, le contribuable, toujours et encore, paye la note.